Affichage des articles dont le libellé est mes pensées noires. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est mes pensées noires. Afficher tous les articles

mercredi 18 avril 2012

Le Bleu de la Mélancolie

Le bleu de la mélancolie sur tes fines paupières
Me laisse deviner la tristesse de ton cœur engourdi
Tu mets ton écharpe de la plus routinière des manières
Tu pars travailler en gardant tes soucis à l'esprit

Le gris du bitume devant toi, tu reprends de la route
Pour mieux oublier le voyage qui s'est mal terminé
Tu donnes l'impression que personne ne te touche ni déroute
C'est que dans tes yeux qu'on peut voir ton âme abîmé

Le vide des feuilles blanches au bureau, tu te met à écrire
Tu prends la parole pour ne pas affronter les questions
Tu dis qu'effacer le passé par des éclats de rire
C'est mieux qu'avaler des cafés et ronger des crayons

Tu trouves tes collègues inquiets mais tu fermes la porte
Le sol brun foncé est jonché des écrits froissés
Il y a des moments où tu te crois, sincèrement, un peu morte
Vidée de toute force de vivre et d'avancer

Si jaune et si frais, le bouquet de jonquilles sur la table
Est vite expédié loin de toute tentative de gaité
Tu gères multitude de dossiers, mais tu sens incapable
De laisser les autres venir te réconforter

L'énervement, la colère et surtout la tristesse
La pause déjeuner est le comble de ton marathon
Tu tentes d'expliquer ton mutisme, par politesse
Et aussitôt tu t'enfermes dans ta belle prison

Un coup de malchance, souvent, ne porte que du rouge
Celui qui annonce la fin de tes rêves les plus chers
Tu veux tout quitter, tout casser, mais ton corps ne bouge
Tu fixes tes bottes écarlates du regard des plus clairs

C'est l'heure de partir du travail, de quitter l'habitude
Encore une journée inutile que tu as bien rempli
A faire oublier à chacun ta soudaine solitude
Les yeux sans éclat dans le bleu de la mélancolie

jeudi 25 août 2011

Festin nocturne

La bouteille de vin est finie, je me sens si seule...
Il y en a qui diraient "tant mieux" mais ils font ce qu'ils veulent.
Je regrette la fin du festin et les pires pensées
Se pressent pour rendre la nuit plus sombre et corsée.

Je sais, je vais replonger dans mes pires cauchemars.
Ça fait 6 ans que j'essaye de ne pas y croire.
Mais la vérité est plus cruelle que jamais :
La vie triomphe sur la mort de ceux qu'on aimait.

Je sens que je vais pleurer toutes les larmes de mon corps.
Que l'heure est venue d'interrompre tous les efforts.
Combattre la peine ne sert qu'à la faire grandir.
Je vais l'accueillir et je vais la laisser partir.

Une autre bouteille de vin est donc entamée,
Je suis enivrée de suite par l'odeur humée.
La tête qui tourne me lance des appels d'urgence,
Le mal de tête me guette en guise de vengeance.

Mais peu importe la nausée, la douleur et l'alcool,
Les murs qui me tombent dessus, la raideur du sol,
Je tente d'extirper une tique qui s'enfonce dans ma chair,
Une bête noire tout droit sortie de l'enfer.

De ses chélicères elle déchire mon âme en morceaux.
Le vin se mélange au sang qui coule sur ma peau.
Cette danse morbide me vide de tous mes entrailles,
Je tombe par terre épuisée, les sens en pagaille.

Les heures durant je demeure ainsi sans bouger,
Sans dire un mot, mes membres restent figés.
Serait-ce la fin de l'assaut dans la guerre sans limite?
Ou suis-je guérie à jamais de cette peine hypocrite?

Je reste prostrée dans l'espoir d'un réveil sans nuage,
D'une chance de renaître des cendres, tourner la page.
La bouteille de vin est finie et la nuit avec elle.
La peine va revenir, mais peut être moins rebelle...

15.07.11